Il y a d’abord eu des histoires écrites à la main dans des cahiers d’écolière. Puis une ambition devenue projet, avant de franchir les frontières et de s’inviter sur la scène cinématographique internationale. Aujourd’hui, Tina Nalova voit son premier court métrage distingué à Toronto.
La réalisatrice canado-camerounaise a remporté le prix du Meilleur premier court métrage lors de la 10e édition du Toronto International Nollywood Film Festival (TINFF@10) pour Till Truth Do Us Part.
Une première œuvre, une ambition globale
Pour ce premier projet, Nalova n’a pas seulement pris place derrière la caméra. Elle en a porté plusieurs dimensions essentielles, comme scénariste, réalisatrice, productrice, monteuse et actrice principale, avec Oluwatoyese Akinsoji, alias Toye Tee.
Cette implication à tous les niveaux traduit une démarche d’auteur et une volonté de conserver la maîtrise d’une histoire conçue à l’origine comme un projet personnel.
Till Truth Do Us Part s’inscrit dans le registre du thriller psychologique. Le film explore les zones de tension du couple, la tromperie, les traumatismes et les distorsions de la mémoire, en jouant sur le suspense et l’incertitude.
Entre héritage africain et cinéma contemporain
Le parcours de Nalova s’inscrit dans une génération de créateurs africains et issus de la diaspora qui investissent les circuits internationaux avec des récits ne se limitant pas aux représentations traditionnellement associées au cinéma africain.
Son identité camerounaise constitue l’un des marqueurs de son parcours, tandis que son implantation au Canada lui ouvre un espace de création et de diffusion à l’échelle internationale.
« Cette récompense est pour la jeune fille que j’étais — cette adolescente à Yaoundé qui passait des heures à écrire des scénarios dans des cahiers d’écolier et suppliait tous ceux qu’elle pouvait trouver de les lire », a déclaré la réalisatrice. « Nous sommes enfin dans la pièce où tout se passe. »
Toronto comme première vitrine
La récompense du TINFF constitue une première reconnaissance significative pour une œuvre qui poursuit désormais son parcours dans le circuit des festivals internationaux.
Nalova prépare parallèlement ses prochains projets cinématographiques. Pour cette jeune cinéaste de la diaspora, Toronto pourrait ainsi ne pas être une destination finale, mais le premier jalon d’une trajectoire appelée à se déployer sur plusieurs territoires.
Derrière ce prix, il y a surtout le passage d’une ambition personnelle à une reconnaissance publique : celle d’une histoire commencée dans des cahiers d’écolière et désormais projetée sur la scène internationale.
































