La 4ᵉ édition de Kab’Attitude a été lancée le 27 octobre 2026 au Krystal Palace de Douala, sous le thème « Fashion Week Kaba Attitude ». À travers ce rendez-vous, les promotrices entendent moderniser le kaba, assurer sa transmission aux jeunes générations et engager une démarche de labellisation pour faire reconnaître ce vêtement emblématique de la culture sawa.
Le kaba sawa veut conquérir de nouveaux espaces sans perdre ses racines. Pour cette quatrième édition du Kab’Atittude organisé par l’Amicale des Femmes Deïdo (AFED) , les organisateurs misent sur la mode contemporaine afin de renouveler le regard porté sur cette tenue traditionnelle et de l’inscrire davantage dans les habitudes vestimentaires des jeunes. L’ambition est de démontrer qu’un héritage culturel peut évoluer avec son époque tout en conservant son identité.
Du carnaval à la fashion week
Dans son intervention, Daniel Jong a souligné la dimension militante de Kaba Attitude, dont l’un des objectifs est d’obtenir une reconnaissance officielle du kaba, en raison de son histoire et de son ancrage dans la communauté sawa.
La transmission constitue un autre enjeu majeur. Pour intéresser les jeunes générations, les initiateurs misent sur les défilés, la créativité et les nouvelles tendances. La Fashion Week offre ainsi une vitrine permettant de présenter le kaba sous différentes formes, au-delà de ses usages quotidiens ou traditionnels.
Daniel Jong a également évoqué l’évolution du concept, qui reposait auparavant davantage sur le carnaval, avec des tenues présentées en parade dans les rues. Le passage à la fashion week traduit une nouvelle orientation, axée sur les créations vestimentaires et les possibilités de réinterprétation du kaba par les stylistes.

La labellisation en ligne de mire
Au-delà des défilés, l’objectif est de faire reconnaître officiellement le kaba sawa comme un élément du patrimoine culturel camerounais. Cette démarche nécessitera toutefois un travail méthodique et le respect des conditions exigées pour obtenir une telle reconnaissance.
Prenant la parole à cette occasion, Sa Majesté Essaka Ekwala, chef supérieur du canton Deïdo, a rappelé l’importance des repères transmis par les ancêtres. Il a présenté le kaba comme un vêtement porteur d’histoire, d’identité et de valeurs, tout en se réjouissant de l’intérêt croissant des jeunes filles pour cette tenue.
Le chef traditionnel a cependant appelé les promotrices à la persévérance, soulignant que la labellisation reste un processus exigeant. Il les a encouragées à poursuivre leurs efforts, estimant que son aboutissement constituerait une fierté pour la communauté sawa et pour le Cameroun tout entier.
Cette reconnaissance pourrait contribuer à mieux établir l’origine du vêtement et à renforcer la protection des savoir-faire qui lui sont associés. Elle suppose néanmoins un travail de documentation et la constitution d’un dossier répondant aux critères applicables, les modalités précises de la procédure restant à clarifier.
Le soutien des pouvoirs publics
Représentant le gouverneur de la région du Littoral, Nicoline Ebune a transmis les encouragements de l’autorité administrative aux organisateurs. Elle a salué cette initiative culturelle et artistique et assuré les promotrices de la disponibilité des pouvoirs publics à continuer de les accompagner.
Son allocution a également mis en lumière les actions sociales de l’Amicale des femmes de Deïdo, notamment la réhabilitation et l’équipement d’établissements scolaires et sanitaires, ainsi que l’assistance aux personnes en situation de précarité et aux associations caritatives.
La représentante du gouverneur a invité les participants à faire preuve de professionnalisme et à privilégier les échanges entre les acteurs de l’artisanat, de la création et les partenaires économiques. Cette mobilisation institutionnelle souligne l’intérêt de rapprocher initiatives culturelles, entrepreneuriat et engagement social.
La tradition comme source d’innovation
Avec cette quatrième édition, Kaba Attitude entend faire du kaba un terrain d’expression pour la création contemporaine et un vecteur de transmission entre les générations. La diversité des modèles présentés durant la Fashion Week devrait permettre de montrer comment cette tenue peut s’adapter aux tendances actuelles sans renier ses origines.
Si la labellisation reste à concrétiser, l’initiative ouvre déjà une réflexion sur la place du patrimoine vestimentaire dans l’industrie de la mode. À Douala, les organisateurs défendent ainsi une ambition qui dépasse les podiums : faire du kaba sawa un symbole culturel mieux connu, reconnu et porté, au Cameroun comme à l’international.






























