À 19 ans, Maëllys Ngo Mboui, représentante de la diaspora France, a été couronnée Miss Cameroun 2026 samedi 19 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé. Son sacre intervient après une année mouvementée pour le concours national, marquée par la destitution de Josiane Harangada Golonga et le bref passage d’Audrey Moutongo Black à la tête de la couronne.
Le diadème change une nouvelle fois de tête. Après plusieurs mois de turbulences, le Cameroun connaît désormais sa nouvelle reine de beauté. Maëllys Ngo Mboui, ancienne Miss Cameroun Diaspora France, a remporté la 19e édition de Miss Cameroun au terme de la grande finale organisée samedi 19 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé.
La jeune femme de 19 ans, née en France de parents camerounais et originaire du Nord-Ouest, succède à Audrey Moutongo Black, devenue Miss Cameroun en février 2026 après le retrait du titre de Josiane Harangada Golonga.
Au-delà des paillettes et du spectacle, cette nouvelle élection intervient dans un contexte particulier. La couronne que reçoit Maëllys Ngo Mboui porte encore les traces d’une année 2025-2026 agitée, qui a profondément exposé les fragilités de l’univers Miss Cameroun.
Une couronne marquée par une année de crise
Élue en juillet 2025, Josiane Harangada Golonga avait représenté l’Extrême-Nord et incarné pendant quelques mois le nouveau visage du concours. Son règne s’est toutefois achevé brutalement.
En février 2026, le Comité d’organisation de Miss Cameroun (COMICA) a annoncé sa destitution, évoquant des « manquements graves et répétés aux obligations contractuelles ». La première dauphine, Audrey Moutongo Black, avait alors été appelée à assurer la continuité du mandat.
Cette succession inhabituelle a donné au concours une dimension institutionnelle rarement aussi visible. Pendant plusieurs mois, la question n’était plus seulement de savoir qui était la plus belle représentante du Cameroun, mais aussi quelle image le concours voulait renvoyer de la jeune femme appelée à porter sa couronne.
Audrey Black aura finalement assuré la transition jusqu’à cette 19e édition. Le COMICA l’a d’ailleurs désignée pour représenter le Cameroun à Miss Universe 2026, dont la finale est prévue en novembre à Porto Rico.

Maëllys Ngo Mboui, le visage d’un Cameroun entre deux rives
Représentante de la diaspora France, la nouvelle Miss Cameroun appartient à cette génération de jeunes Camerounais dont l’identité se construit entre plusieurs espaces. Son parcours rappelle que la notion de « Camerounais » ne se limite plus au territoire national : elle se nourrit aussi des expériences de la diaspora, de ses parcours scolaires, de ses réseaux et de son rapport aux racines.
Son profil universitaire renforce cette image. La jeune femme poursuit des études en économie-gestion ainsi qu’en mathématiques-informatique et porte un projet baptisé « Cameroonian Girls in STEM », consacré à l’accès des jeunes filles aux sciences et aux technologies. Elle avait également organisé, en janvier 2026, un hackathon autour d’un problème communautaire à Bamenda.
Avec elle, le concours remet ainsi en avant une conception de la reine de beauté qui dépasse l’apparence physique : éloquence, intelligence, parcours personnel, engagement et capacité à représenter une culture deviennent des éléments du récit autour de la couronne.
De la beauté à la représentation culturelle
C’est précisément cette évolution qui donne à Miss Cameroun une portée culturelle particulière. Le concours affirme désormais vouloir présenter la Miss comme davantage qu’une figure de beauté. Pour cette 19e édition, les candidates ont notamment été évaluées sur l’éloquence, les talents artistiques, l’art culinaire, le chant et le défilé en tenue traditionnelle. Le thème retenu était par ailleurs la lutte contre la cybercriminalité.
Le choix du thème prend une résonance particulière après les événements ayant entouré l’ancienne Miss Cameroun 2025 et l’exposition de sa vie privée sur les réseaux sociaux. Le COMICA explique avoir voulu répondre aux effets des réseaux sociaux sur les jeunes filles et les femmes.
La nouvelle reine arrive donc à un moment où la couronne doit retrouver une signification au-delà du glamour. Maëllys Ngo Mboui devra désormais faire vivre cette promesse : représenter la beauté camerounaise, certes, mais aussi porter une certaine idée de la jeunesse, de la culture et de l’identité camerounaises.
Une nouvelle page pour Miss Cameroun
Le sacre de Maëllys Ngo Mboui ne fait pas disparaître les épisodes qui ont marqué l’édition précédente. Il ouvre cependant une nouvelle séquence.
Après une année au cours de laquelle la couronne a changé de titulaire dans des circonstances exceptionnelles, la nouvelle Miss Cameroun hérite d’une institution qui devra continuer à conjuguer spectacle, représentation culturelle et responsabilité publique. À 19 ans, la jeune Franco-Camerounaise devient ainsi le nouveau visage d’un concours qui cherche à se réinventer.
La question n’est plus seulement de savoir quelle image elle donnera de la beauté camerounaise. Il faudra aussi observer la manière dont elle fera dialoguer, pendant son mandat, héritage culturel, identité diasporique, jeunesse et engagement. Car une couronne ne se résume jamais à un diadème. Elle devient, lorsqu’elle est portée au nom d’un pays, une manière de raconter ce pays.



























