Elle partageait avec ses millions d’abonnés ses projets professionnels, ses escapades et, plus récemment, un séjour au pays de Marianne. Mais tout cela n’était qu’en apparence. En coulisses, ses problèmes de santé étaient bien réels et dépassaient toute fiction. Sous les projecteurs, elle incarnait la grâce, le talent salué, la beauté évidente, le regard magnétique et l’élégance maîtrisée. Elle savait habiter ses personnages.
Pourtant, derrière l’écran, l’actrice, connue pour son rôle de Marième Dial dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié, était devenue un visage emblématique de la lutte contre la dépression. Dans une interview, elle avait révélé souffrir de troubles mentaux depuis l’âge de 11 ans. Une publication sur sa page Instagram, en août 2025, avait ravivé ce combat silencieux qu’elle menait depuis plusieurs années.
Un direct avait suscité une vive inquiétude parmi ses fans, à la suite de confidences jugées troublantes. À la suite de cette rechute, elle s’était éloignée des réseaux sociaux sur décision de sa famille, afin de se soigner loin des projecteurs. Début novembre 2025, l’actrice avait refait surface sur Instagram avec un message émouvant, affirmant que « le temps répare » et remerciant ses abonnés pour leur bienveillance durant cette période de silence. Une preuve qu’elle n’avait jamais voulu laisser la maladie entraver le cours de sa carrière.

Déjà en 2021, elle avait participé au documentaire Don’t Call Me Fire, du réalisateur algérien Oualid Khelifi. L’actrice y explorait ses propres épisodes de dépression, ses traumatismes d’enfance (harcèlement, bégaiement) ainsi que ses crises de santé mentale. Le film abordait également les questions d’identité et de construction de soi entre deux cultures. À travers ce projet, Halima Gadji souhaitait inciter les femmes à s’exprimer et à consulter des spécialistes sans honte. Les fonds récoltés grâce au documentaire devaient initialement servir à faciliter l’accès aux soins psychiatriques pour les plus démunis.
La trentenaire avait également fondé l’association Mon Mental, dédiée à l’accompagnement des personnes souffrant de troubles mentaux, à l’accès à des traitements adaptés et à leur réinsertion sociale. Hélas. Halima Gadji n’est pas la seule à avoir mené ce combat contre cet ennemi invisible.
C’est le cas de son collègue Amadou Bia Sow, plus connu sous le nom d’Arona Benga dans la série Cœurs Brisés. L’acteur a confié dans un podcast avoir souffert d’une profonde dépression en 2024, évoquant des pensées suicidaires et affirmant que la célébrité avait « détruit sa vie privée ». L’animateur Pape Cheikh Diallo a aussi révélé avoir traversé une période sombre mentalement l’ayant éloigné des écrans en novembre 2024. Il en fut de même pour Ami Collé Dieng en fin d’année 2025.
Elle avait publié une série de vidéos sur TikTok, montrant un comportement jugé inquiétant (insultes, propos décousus que beaucoup ont interprétés comme un appel à l’aide). Alors que la chanteuse se trouvait à Valence, son état a nécessité une prise en charge médicale. Fin novembre 2025, elle est finalement rentrée au Sénégal, accueillie par ses proches afin de poursuivre son rétablissement. Cependant, la disparition d’Halima Gadji rappelle que la santé mentale demeure un enjeu majeur, souvent relégué au silence.
Arame Ndiaye / Journaliste

























