Actrice, mannequin et graphiste, Hortavie Mpondo s’est progressivement imposée dans l’audiovisuel camerounais. Mais au-delà de ses apparitions à l’écran, la comédienne investit désormais un autre espace : celui des questions liées à l’enfance, à l’éducation et à la parentalité.
Dans plusieurs publications récentes, elle invite les parents à regarder autrement le quotidien des enfants. Ses réflexions portent aussi bien sur l’occupation du temps pendant les vacances que sur l’équilibre entre bienveillance, autorité et apprentissage de l’autonomie.
Une carrière construite sur plusieurs registres
Née le 27 juin 1992 à Limbé, Hortavie Mpondo est présentée par Africultures comme une actrice, mannequin et graphiste camerounaise. Son parcours dans le cinéma commence en 2017 avec Le Cœur d’Adzaï, dans lequel elle interprète Amanda.
Elle apparaît ensuite dans plusieurs productions camerounaises, parmi lesquelles Otage(s) d’amour, Madame… Monsieur, La Nouvelle Épouse, Pouvoir et loi, Sadrack, 12 CAS et La Bataille des Chéries. Cette succession de rôles contribue à renforcer sa présence dans le paysage audiovisuel national.
En 2025, son parcours connaît une nouvelle reconnaissance avec les Sotigui Awards. Hortavie Mpondo remporte le Sotigui du Public Africain pour son interprétation de Myriam dans Révélations scandaleuses, lors de la cérémonie organisée à Ouagadougou en novembre 2025.

Les vacances comme prolongement de l’éducation
Dans une publication consacrée aux vacances, Hortavie Mpondo interpelle les parents sur ce que leurs enfants ont réellement appris après plusieurs semaines loin des salles de classe.
Elle les invite à s’interroger sur les expériences vécues durant cette période : découverte d’une passion, acquisition d’une compétence, temps passé en famille ou apprentissage d’activités pratiques comme la cuisine, le jardinage, la lecture ou le bricolage.
L’actrice met parallèlement en garde contre une occupation excessive du temps par les écrans, les réseaux sociaux ou la rue. Pour elle, les vacances ne constituent pas une interruption de l’éducation, mais peuvent au contraire offrir un autre cadre d’apprentissage.
Elle suggère ainsi des activités simples : une visite, une activité sportive, quelques heures au jardin, un livre lu ensemble ou encore une journée sans téléphone. Une manière de rappeler que l’éducation peut aussi se construire en dehors de l’école et dans les interactions quotidiennes au sein de la famille.
Une parentalité fondée sur la présence
Dans une autre publication, Hortavie Mpondo développe une conception plus personnelle de la parentalité. Pour elle, être parent ne consiste pas simplement à élever un enfant, mais à apprendre à grandir avec lui.
Elle évoque les doutes, les erreurs, la culpabilité et la fatigue qui peuvent accompagner le rôle parental. Sa réflexion insiste surtout sur la nécessité d’être présent, d’écouter avant de punir et de comprendre avant de juger.
L’objectif, écrit-elle, ne devrait pas seulement être de former des enfants obéissants, mais de contribuer à construire des adultes épanouis et autonomes.
Cette approche place donc la relation entre le parent et l’enfant au centre du processus éducatif. Elle reconnaît également les imperfections des adultes et la nécessité, pour eux aussi, d’apprendre et de progresser.
La bienveillance à l’épreuve de l’autonomie
Une troisième publication pousse la réflexion sur un terrain plus controversé. Hortavie Mpondo s’interroge sur les effets possibles d’une parentalité excessivement centrée sur la protection des émotions de l’enfant.
Elle évoque le risque de voir certains enfants développer une moindre capacité à supporter la frustration lorsque les adultes cherchent systématiquement à éviter les conflits ou les situations difficiles. Elle oppose cette tendance à des apprentissages qu’elle estime importants : le respect, l’autonomie et le sens des responsabilités.
Son propos ne constitue pas un rejet de la bienveillance parentale. Il pose plutôt la question de son équilibre : comment protéger l’enfant tout en le préparant aux contraintes et aux réalités auxquelles il sera confronté ?
En ouvrant ce débat, l’actrice dépasse le registre des conseils pratiques pour interroger plus largement les modèles éducatifs contemporains.
Au-delà de la fiction
Ces prises de parole ne marquent pas une rupture avec le cinéma. Elles illustrent plutôt l’élargissement de son espace d’expression. Après avoir donné vie à des personnages de fiction, Hortavie Mpondo utilise également sa propre voix pour aborder des préoccupations qui touchent à la vie familiale et à l’éducation.
Son discours s’articule ainsi autour de plusieurs interrogations : quelle place accorder aux écrans pendant les vacances ? Comment accompagner l’enfant sans faire tout à sa place ? Jusqu’où aller dans la protection ? Et comment préparer progressivement les plus jeunes à devenir des adultes autonomes ?
À travers ces questionnements, la comédienne construit une présence publique qui ne repose plus uniquement sur ses rôles à l’écran. Entre cinéma, réseaux sociaux et réflexion sur les pratiques éducatives, Hortavie Mpondo fait désormais de la parentalité et de l’éducation un autre terrain d’expression.




























